
Bienvenue dans la section "Chiropratique" du Dr Sylvain Desforges, chiropraticien
Ici, vous trouverez tout ce que vous vouliez savoir concernant la chiropratique.
HISTOIRE DE LA CHIROPRATIQUE
Histoire
La chiropratique n’est pas vieille comme le monde mais les manipulations articulaires le sont. En effet, ce mode de traitement était connu des anciens, en Chine, en Égypte et en Grèce. Au temps de la Rome impériale, Galien utilisait déjà cette thérapie pour remettre sur pied les gladiateurs. Hippocrate, que certains considèrent comme le père de la recherche médicale, a été le premier à faire allusion aux ajustements vertébraux. La médecine "manuelle" a refait son apparition en Europe avec les "ramancheurs" des XVIIe et XVIIIe siècles, qui étaient souvent des médecins qui soignaient les entorses et les luxations.
Qui n'a pas entendu parler du fameux "Bonhomme 7 heures" ? Mais saviez-vous que son origine vient de la déformation française du mot "Bonesetter" ("ramancheur" en français), ces "rabouteux" Anglais qui sillonnaient les rangs, le soir après leur travail à la ferme, pour aller administrer leur traitement. Imaginez la peur dans les yeux des enfant en voyant ces étrangers vêtus de noir qui soignait, faisait parfois mal, mais surtout, il faisait peur. Les parents menaçaient donc les enfants désobéissants de les amener chez le "bone setter". Dans le langage populaire, le "bone setter" est finalement devenu le "bonhomme 7 heures".
L’ère scientifique de la chiropratique débute dans les années 1890 puis déclarée officiellement en 1895 par Daniel David Palmer (1845-1913). Alors que Louis Pasteur, en Europe, découvre le rôle de certains micro-organismes dans la genèse des maladies infectieuses, D.D. Palmer, dans le Mid-west américain, redécouvre les bienfaits des manipulations vertébrales. Nous ignorons encore comment cet érudit a acquis ce savoir, peut-être au contact des guérisseurs indiens. Toujours est-il qu’il observe que l’importance de la colonne vertébrale dépasse celle de sa fonction de soutien du corps. Située au carrefour des systèmes nerveux central et périphérique, elle joue un rôle capital dans l’équilibre de la santé: les dérangements de la mécanique rachidienne sont susceptibles de se répercuter sur le système neurologique, et si la colonne fonctionne mal, les informations véhiculées par le système nerveux seront alors perturbées. Son fils, Bartlett Joshua Palmer (1882-1961) colonel de réserve dans la Garde Nationale, a poursuivi son œuvre en la développant et en l'adaptant aux connaissances scientifiques de l'époque. Il fonda la première école de chiropratique près de Chicago en 1902 ; école qui resta ouverte (contrairement à 95% des écoles de médecine), après les conclusions du Rapport Flexner (1910), puisque conforme à la nouvelle norme des écoles de santé aux États-Unis..
À la fin du XIXe siècle, les Palmer consacrent l’entrée de la chiropratique dans les sciences en fondant le premier institut de recherche et d’enseignement à Davenport, dans l’Iowa, le «Palmer College of Chiropractic».toujours existante de nos jours.
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Daniel David Palmer (1845-1913) | Bartlett Joshua Palmer (1882-1961) |
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Harvey Lillard (premier patient) | D.D. Palmer, David D. Palmer & B.J. Palmer |
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David D. Palmer Fils de B.J. Palmer | Vickie A. Palmer Fille de David D. Palmer |
La chiropratique allait connaître jusqu'à ces toutes dernières années une histoire mouvementée dominée par sa lutte pour accéder à l'état de profession de santé à part entière. Ce point acquis en 1975, une nouvelle étape s'est ouverte pour elle : celle de l'accession à la crédibilité scientifique.
LA NAISSANCE DE LA CHIROPRATIQUE
La chiropratique fut fondée le 18 septembre 1895. Son inventeur Daniel David Palmer était à l'époque un homme âgé de 50 ans, ayant mené jusque vers l'âge de 40 ans une existence mouvementée. En effet avec son frère Thomas, à l'âge de 20 ans, il avait quitté le Canada où il était né le 7 mars 1845 à Port Perry dans l'Ontario, non loin de Toronto. À l'âge de 40 ans, il part pour Burlington dans l'Iowa pour ouvrir un cabinet de magnétiseur. C'est là qu'il entreprit ses propres études d'anatomie et de physiologie, tout seul, sans se préoccuper du qu'en dira-t-on. Neuf ans plus tard, étant monté à Davenport, il devait résoudre le problème qui lui tenait le plus à cœur, celui de la maladie.
Dans son traité publié en 1910, " The Science, Art and Philosophy of Chiropractic", il raconte sa découverte : J'étais depuis 9 ans magnétiseur avant de découvrir les principes de la méthode connue sous le nom de chiropratique... J'avais découvert que de nombreuses affections étaient associées avec des perturbations de l'estomac, des reins et d'autres organes... Une question était toujours de la plus haute importance dans mon esprit dans la recherche sur la cause de la maladie. Je désirais connaître pourquoi une personne tombait malade et son associé, mangeant à la même table, travaillant dans la même boutique, sur le même banc ne l'était pas. Pourquoi ?... Cette question fut résolue en septembre 1895.
Il raconte ensuite que, ce jour-là, il reçut la visite de Lilian Harvey qui travaillait dans un immeuble situé dans la rue où se trouvait son cabinet.
Harvey Lilian... était si sourd depuis 17 ans qu'il ne pouvait entendre ni le vacarme des chariots dans la rue, ni le tic tac d'une montre... Je m'enquis des circonstances de sa surdité et fus informé que celle-ci était survenue immédiatement après avoir senti quelque chose se déplacer dans son dos alors qu'il travaillait dans une position courbée, gênante. Un examen montra une vertèbre déplacée. Je raisonnais que, si cette vertèbre était remise en place, l'ouïe de l'homme serait rétablie... Je la replaçais en utilisant l'apophyse épineuse comme levier et bientôt l'homme put entendre comme auparavant...
Galvanisé par ce résultat, Daniel David Palmer allait poursuivre ses recherches dans cette direction. Une autre guérison le convainquit de l'intérêt de sa découverte
Peu après cette guérison d'une surdité, j'eus un cas de trouble cardiaque qui ne s'améliorait pas ; j'examinais la colonne vertébrale et trouvais une vertèbre déplacée comprimant les nerfs qui innervent le cœur. J'ajustais la vertèbre et obtins immédiatement le soulagement... Alors je commençais à raisonner que si deux maladies aussi différentes . qu'une surdité et un trouble cardiaque provenaient d'un pincement nerveux, pourquoi une autre affection ne relèverait-elle pas d'une cause similaire ?
La chiropratique, du nom que lui donna quelques mois plus tard un patient de Palmer, le révérend Samuel H Weed, était née. Ce nom était tiré du grec cheir = main et praxis= faire, c'est à dire fait: par la main.
LES PREMIÈRES ANNÉES
Les premiers mois, D. D. Palmer allait garder pour lui sa découverte, mais très rapidement il changea d'avis et fonda dès 1896 à Davenport (Iowa) une école pour enseigner sa méthode, la « Dr. Palmer, School and Cure » qui devint plus tard le « Palmer Institute and Chiropractic Infirmary » et existe encore de nos jours sous le nom de « Palmer College of Chiropractic ».
En 1902 quinze diplômés seulement en étaient, sortis. Parmi eux cinq médecins, le propre fils de Palmer Bartlett Joshua et son avocat Willard Carver.
Les années suivantes jusqu'à sa mort en 1913 furent marquées par plusieurs événements qui devaient le remplir d'amertume : un emprisonnement pour exercice illégal de la médecine, le rachat de son école par son fils dès 1906, l'apparition de dissidences doctrinales notamment avec Willard Carver qui était partisan d'introduire la psychologie, la publication par son fils de livres traitant de la chiropratique alors que lui-même ne s'était pas jugé suffisamment mûr pour le faire. Il devait alors reprendre sa vie itinérante à travers les États-Unis et même le Canada pour diffuser ses idées. Il devait ainsi, tour à tour aller à Oklahoma, sur la côte Pacifique, en Oregon où il publia en 1910 un livre résumant son expérience et le fruit de ses recherches.
En 1913, à Davenport où il était revenu pour ouvrir une école, le « Universal Chiropractic College » (1911), à l'occasion de la fête annuelle de l'école dirigée par son fils, lors de la parade, il fut blessé par l'automobile de ce dernier dans des circonstances mal élucidées. Ce fut l'occasion d'un nouveau conflit avec B. J. qu'il accusé de, l'avoir fait intentionnellement ce que l'autre nia farouchement. Trois mois plus tard, il devait mourir à Los Angeles.
Entre temps un certain nombre d'écoles s'étaient fondées sur l'initiative de quelques-uns de ses premiers élèves ; certains optant pour le point de vue de D. D. Palmer, d'autres y introduisant déjà des modifications et des restrictions : le " Portland College of Chiropractic " (1903), la " National School of Chiropractic " à Chicago (1906), la "Palmer Gregory School of Chiropractic" à Oklahoma City (1907), le "Universal College" en 1911...
LA LUTTE POUR LA RECONNAISSANCE LÉGALE
Cette période devait prendre 60 ans et assez curieusement recouvrir pratiquement la plus grande partie de l'existence du fils de D. D. Palmer, Bartlett Joshua plus familièrement connu dans le monde chiropratique par ses deux initiales : B. J. Ce dernier devait en effet par son sens du spectaculaire, son activité débordante, ses outrances verbales imprimer au mouvement chiropratique une impulsion irrésistible.
En 1913, à la mort de son père, il avait tout juste 32 ans et présidait depuis sept ans déjà aux destinées de l'école fondée par ce dernier. Il lui avait d'ailleurs donné une orientation qui s'était attiré les critiques paternelles ; mais pour lui seule comptait la mission dont il se considérait investi, celle de développer la chiropratique.
Aux dires de ses historiographes, il avait eu une enfance malheureuse et avait dû en particulier quitter le domicile familial très tôt pour échapper aux cruautés de ses belles mères successives. Ceci ne l'empêcha pas de suivre les cours paternels et d'être l'un des premiers diplômés à l'âge de 21 ans. Dès lors il devait commencer une carrière très brillante au service de la chiropratique connaissant son apogée en 1924, tous ses fans le considérant comme leur leader incontesté.
Jusqu'à cette date mémorable la chiropratique avait connu des épreuves diverses : sa première reconnaissance officielle dès 1913 dans l'État du Kansas, suivi deux ans plus tard par le Dakota du Nord ses premiers grands succès auprès du public en 1919, lors de la grande épidémie de grippe (la comparaison entre les résultats obtenus par la chiropratique et ceux de la médecine étaient à l'avantage de la première) ; ses premières grandes persécutions aussi, telle celle de 1919 où 400 chiropraticiens californiens sur 600 préfèrent aller passer quelques mois en prison plutôt que de payer une amende, gagnant ainsi l'estime du public prompt à s'enflammer pour défendre des «martyrs».
L'année 1924 fut fatale aux ambitions démesurées de B. J. Ce dernier s'était mis en tête d'imposer à ses collègues un appareil révolutionnaire destiné à localiser avec précision le siège de la subluxation vertébrale, le neurocalométre (ou NCM). Il s'agissait en fait d'un thermocouple électrique disposant de deux électrodes cutanées capable de mesurer les températures cutanées au 1/10 de degré près et donc de détecter les modifications thermiques censées se produire au niveau du nerf pincé. Donc une nuit d'août 1924 il réunit sous une immense tente plusieurs milliers de chiropraticiens pour leur présenter son appareil, mais il le fit avec tellement d'emphase et d'insistance (affirmant que sans l'usage de cet appareil il était impossible de faire de la bonne chiropratique) qu'une vague de démissions sans précédent s'ensuivit. Ce devait être le début d'un léger schisme entre ses supporters et ceux qui trouvaient ses conceptions erronées et trop rigides.
B. J. ne devait dès lors plus jouer qu'un rôle dominant au sein de sa propre école de Davenport. Il essaya également de trouver un traitement unique pour toutes les maladies et décida un beau jour que l'origine de celles-ci était due à des perturbations situées dans la région cervicale supérieure. Ce fut le Hole In One (HIO). Une telle approche de la thérapeutique donna lieu à une nouvelle vague de défections parmi ceux des chiropraticiens qui croyaient à la nécessité de traiter la colonne vertébrale dans sa totalité. Peu de temps avant sa mort en 1961, B.J. Palmer se réconcilia avec la technique originale de la chiropratique.
À partir de 1924, la chiropratique poursuit avec des hauts et des bas son ascension vers la reconnaissance légale totale. En 1931, trente états l'avaient reconnue, mais pour les autres cela allait prendre de nombreuses années. Les derniers États à l'avoir admise furent celui de New York en 1963 et celui de la Louisiane en 1974. Dans ce dernier état on pouvait exercer depuis 1963 la profession de chiropraticien à condition d'être médecin en même temps ! 1974 devait voir la réalisation du but poursuivi par la chiropratique à savoir sa reconnaissance légale ainsi que l'obtention par voie réglementaire de l'uniformisation des normes d'enseignement en son sein.
En 1941, une loi passait pour légaliser les écoles en chiropratique. Après la mort de B.J., son fils David Daniel Palmer prit la présidence de l’école et l’amena à celle que nous connaissons aujourd’hui, Palmer College of Chiropractic (PCC). La dynastie Palmer est maintenant terminée, il n’y a aucun autre enfant chiropraticien ou chiropraticienne.
Sur le plan des études, l'enseignement de la chiropratique devait connaître des vicissitudes, tantôt florissant comme, après la pandémie grippale de 1919 tantôt au plus- bas comme après la crise financière de 1929 avec toutefois un regain marqué après la deuxième guerre mondiale. Ce fut également après la seconde guerre mondiale que commença une nouvelle bataille pour la chiropratique, celle de faire admettre pour ses patients le bénéfice du remboursement des soins chiropratiques par les instances sociales existantes (medicare, médicaid). En dépit de l'avis défavorable de la commission d'enquête instituée par le congrès, les conclusions négatives du Secrétariat d'État à la Santé, la chiropratique triompha de cet obstacle comme des autres en 1974, le congrès ayant émis un vote favorable.
L’ACCESSION À LA RECONNAISSANCE GÉNÉRALE
Cette nouvelle étape historique a été rendue possible par le succès de 1974. Stimulées par cette grande victoire, les instances dirigeantes chiropratiques se sont effectivement depuis cette date lancées dans un effort, de rénovation sans précédent pour gommer toutes les critiques faites à l'encontre de leur profession au cours des années ayant immédiatement précédé le vote favorable du congrès. De nouveaux critères d'admission dans les écoles furent exigés, les qualités du corps professoral étoffées, les laboratoires de recherche et les centres de documentation développés.
Trois événements majeurs devaient changer l'orientation de la chiropratique. Tout d'abord ce fut en 1974 sa reconnaissance par l'État de la Louisiane. En second lieu ce fut en 1975 l'organisation par le National Institute of Neurological Diseases and Strokes (Institut national des maladies et accidents neurologiques) sous l'égide du HEW,(Health Education and Welfare) Département à Bethesda (Washington DC) d'une réunion où pour la première fois de leurs existence: des médecins, des ostéopathes et des chiropraticiens purent se rencontrer et parler entre eux des thérapeutiques manipulatives. Cette réunion fut possible uniquement en raison de la demande exprimée par le HEW Department qui suivait en cela les instructions du congrès de rassembler des renseignements sur la chiropratique. Le troisième événement important fut l'accréditation donnée par l'American Office of Education à plusieurs écoles chiropratiques.
Un autre succès à porter au crédit de cette nouvelle politique est le changement donné en 1977 au Code de déontologie (Code of Ethics) par l'American Medical Association en face du problème posé par la chiropratique. Depuis cette date tout médecin peut « adresser ses malades à d'autres professions de santé dès lors qu'il juge cela bénéfique pour leur santé ». Cette modification se fit après un procès intenté par cinq chiropraticiens contre l'AMA et plusieurs organisations médicales au nom de la loi Antitrust. Ces chiropraticiens soutenaient que les organisations médicales avaient conspiré pour restreindre l'exercice professionnel des autres professions de santé reconnues. Soutenus par leurs organisations professionnelles, ces mêmes chiropraticiens demandaient l'accès aux écoles médicales et même aux hôpitaux. La décision du premier jury leur fut défavorable et favorable aux organisations médicales. Ce verdict fut toutefois annulé en cour d'appel et l'affaire peut faire l'objet d'un nouveau procès. Cette affaire a cependant obligé toutes les organisations médicales à reconsidérer leur politique vis-à-vis des chiropraticiens et à permettre que des chiropraticiens et des médecins puissent s'associer librement entre eux. Actuellement les chiropraticiens ont obtenu l'introduction de leur thérapeutique dans les services médicaux de l'administration des Anciens Combattants (Veterans Administration Medical Services), le subventionnement gouvernemental de leurs collèges, un rôle thérapeutique auprès des malades hospitalisés (identique à celui joué par les dentistes) et le financement de la recherche thérapeutique.
Une autre indication du succès de la Chiropratique actuelle concerne ce qui se passe au niveau de la recherche. Celle-ci a été encouragée jusqu'à présent au Canada et aux États-Unis par des organismes de recherche comme la Foundation for Chiropractic Research and Education reposant entièrement sur le soutien de la profession chiropratique. Ceci ne s'est cependant pas fait sans mal en raison des exigences politiques plutôt que scientifiques. Tout récemment le financement des projets qui sont menés conjointement par les professeurs d'université et les chercheurs d'origine chiropratique a nettement amélioré la qualité et l'ampleur de la recherche chiropratique subventionnée. Les futurs progrès proviendront vraisemblablement plus de cette recherche plutôt que des activités politiques.
En 1997, l’Association of Chiropractic Colleges, représentant 16 collèges de chiropratique nord-américains, est parvenue au consensus selon lequel la chiropratique s’intéresse à la préservation et à la restitution de la santé et est axée sur la subluxation. Elle définit la subluxation comme un ensemble de modifications articulaires, fonctionnelles ou pathologiques qui compromettent l’intégrité neurale et peuvent influer sur la fonction du système organique et l’état de santé global (2).
En Amérique du Nord, la chiropratique est la discipline la mieux établie parmi celles que les praticiens de la médecine traditionnelle considèrent comme une médecine parallèle (3). Les chiropraticiens des États-Unis sont devenus le troisième groupe de professionnels de la santé en importance (après les médecins et les dentistes) à avoir un premier contact avec des patients (4). Au Canada, environ 5 000 chiropraticiens et 56 000 médecins possèdent le droit d’exercer (communication personnelle, AMC [Betty Green, Southam Group, 9 novembre 2000], 2000) (5). Aux États-Unis, on compte 70 000 chiropraticiens et 778 000 médecins (6). Chaque année, plus de 4 000 chiropraticiens sont diplômés dans 30 établissements d’enseignement et, étant donné les inscriptions à la hausse, le nombre de chiropraticiens américains devrait passer à 145 000 d’ici 2015 (7).
1995 a marqué le centenaire de la fondation de la chiropratique moderne. Pour célébrer ce jalon historique, des événements ont été organisés dans tout le pays et dans le monde entier. En plus de marquer le centenaire de la chiropratique, 1995 était également l'année du 150e anniversaire de la naissance de Daniel David Palmer. Les Postes Canada ont émis un carnet de timbres commémoratifs en reconnaissance du centenaire de la profession et pour rendre hommage à son fondateur d'origine canadienne.
CHRONOLOGIE
Les années 1845 à 1907
1845
Le fondateur de la profession chiropratique, Daniel David Palmer, est né le 8 mars 1845 à Port Perry en Ontario.
1860
La famille Palmer déménage de Pickering, où le recensement de 1861 situe son origine, à Port Perry. La profession indiquée pour D.D. Palmer est cordonnier.
1865
Thomas Palmer, le père de Daniel David, son épouse Catherine (McVay) et leurs six enfants, émigrent aux États-Unis à cause de la situation économique au Canada. Il semblerait que l'entreprise Palmer, à Port Perry, ai fait faillite.
1882
Naissance de B.J. Palmer, à "What Cheer" en Iowa.
1887
D.D. Palmer ouvre son cabinet de guérisseur magnétique sur Brady Street à Davenport en Iowa.
1895
Après une carrière de 15 ans comme instituteur, agriculteur et thérapeute magnétique, D.D. Palmer déménage à Davenport (Iowa), où il découvre le principe de la thérapie chiropratique en examinant la cage thoracique de son concierge, Harvey Lillard, qui est sourd depuis qu'il s'est démis le dos quelque 17 ans plus tôt. Palmer examine la région dorsale en question, effectue un "ajustement" rudimentaire sur ce qu'il pense être une vertèbre déplacée dans la région supérieure thoracique de la colonne vertébrale. Le concierge constate que son ouïe s'est améliorée. Palmer annonce sa découverte qu'il baptise "chiropratique", signifiant "à faire avec la main".
William Roentgen découvre les rayons-X en Allemagne. Les chiropraticiens ont été parmi les premiers a tiré profit de cette nouvelle technologie de l'époque, et ont permis l'amélioration des techniques radiologiques. Aussi, de nombreux aspects et techniques modernes de cette discipline viennent de la Chiropratique comme par exemple les Télérachis 30 x 90 (radiographie entière de la colonne face/profil).
1902
Selon quelques indications, le premier chiropraticien (inconnu) en exercice au Canada est établi en Ontario.
1907
Haldeman emmène sa famille à Herbert (Saskatchewan) où Almeda exerce en tant que chiropraticienne. Elle est peut-être la première chiropraticienne au Canada et certainement la première femme à exercer cette profession.
Les années 1909 à 1925
Les débuts de l'enseignement chiropratique au Canada - 1909-1926
1909
L'institut Robbins de chiropratique ouvre à Sault Ste. Marie, marquant le début de l'enseignement de la chiropratique en Ontario.
1910
Le premier livre de D.D. Palmer sur la chiropratique est publié: The Chiropractor’s Adjuster: the Science, Art and Philosophy of Chiropractic. Portland OR: Portland Printing House, 1910, p. 789
1913
L'institut Robbins ferme ses portes et le Canadian Chiropractic College (CCC) est établi à Hamilton (Ontario), où les premières classes seront offertes dès 1914, sous la direction du Dr Ernst DuVal, diplômé de l'école Palmer.
Décès de D.D. Palmer à l'âge de 68 ans, le 20 octobre 1913.
1915
Le gouvernement de l'Ontario nomme la première commission chargée d'examiner la chiropratique au Canada - Commission Hodgins sur l'enseignement médical en Ontario - sous l'autorité de l'honorable juge Hodgins, Commissaire.
1917
Publication du rapport du commissaire Hodgins par ordonnance de l'Assemblée législative de l'Ontario. Il y est recommandé que les collèges de chiropratique en exercice soient fermés et que les bienfaits de toute thérapie manipulaire soient enseignés dans les écoles de médecine. Le gouvernement ne donnera jamais suite au rapport, mais les collèges chiropratiques allaient être fermés en quelques années.
1918
Première réunion de l'association chiropratique de l'Alberta à Calgary.
1919
Le CCC déménage à Toronto et demeure le seul collège chiropratique du Canada jusqu'à sa fermeture en 1923.
1920
Le collège chiropratique de Toronto ouvre ses portes sous la direction du Dr J. S. Clubine (il sera fermé en 1926).
Ouverture d'une des première station de radio (WDKA) aux États-Unis par B.J. Palmer. La station sera finalement nommée WOC (Wonders of Chiropractic). Écoutée par un millions d'auditeur à chaque jour en 1924.
Premier appareil de radiographie de la profession installé au "Palmer School of Chiropractic"
1922
La Colombie-Britannique nomme un comité législatif responsable d'examiner l'exercice de la chiropratique et la nécessité de légiférer en la matière.
1923
Passage de la loi sur la chiropratique, le 23 avril en Alberta, marquant l'adoption de la première loi de réglementation gouvernant l'exercice de la chiropratique au Canada.
1925
L'Assemblée législative de l'Ontario adopte le deuxième statut du genre sous le nom de Loi sur les praticiens ne prescrivant pas de médicaments. Cette loi gouverne l'exercice des chiropraticiens, podologues, thérapeutes ne faisant appel à aucun médicament, masseurs et ostéopathes. Bien que les trois collèges ontariens enseignent un programme d'études unique, ce sont les polyvalents, provenant surtout des collèges des É.-U., qui deviennent l'axe politique dominant dans la province par le biais de ses membres auprès du conseil d'administration, responsable d'administrer la loi. Elle a été modifiée plusieurs fois au fil des ans, mais les chiropraticiens y demeurent assujettis jusqu'à l'adoption de la Loi de 1991 sur les chiropraticiens.
1930
L'ancien président des États-Unis Ronald Reagan devient animateur à la station de radio WOC de B.J. Palmer
1973Le gouvernement du Québec publie "La loi chiropratique" et L'Ordre des Chiropraticiens du Québec est maintenant régie par le "Bureau des Professions du Québec".
1993
Une faculté chiropratique franophone a vu le jour, une première mondiale, à l’Université de Québec à Trois-Rivières. La première classe gradua en 1998.
Les chiropraticiens sont partenaires officiels de l'OMS (Organisation Mondial de la Santé) depuis les années 1990. Ils sont reconnus officiellement, seule profession de santé naturelle dans ce cas, par le Comité international olympique depuis 1992.
La chiropratique est officiellement la troisième profession de santé du monde, la seconde en Amérique du Nord après la chirurgie dentaire. Il ne s'agit pas d'une discipline annexe mais d'une profession de santé indépendante et autonome à part entière, avec son organisation et ses facultés.
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