LES GRANDES ÉPIDÉMIES VAINCUES
Un argument souvent avancé pour expliquer l'intérêt des vaccins est leur
réussite dans l'éradication des grandes épidémies. Prenons l'exemple de la
variole, due à un virus de la famille de la varicelle, du zona et de l'herpès.
La Grande-Bretagne fut la première nation à imposer la vaccination en 1853. Le
90% de la population avait été soumis à la vaccination quand, en 1871, survint
une première épidémie de variole qui comptait environ 23000 cas. Comment
expliquer cette situation? Comment expliquer que la variole ait disparu par la
suite? Une campagne de vaccination pourrait-elle déclencher une épidémie de la
maladie contre laquelle elle est censée lutter?
Le gouvernement britannique décida de mettre sur pied un plan d'hygiène à grande
échelle, avec des réseaux d'égouts, des systèmes pour le traitement des ordures,
etc., tout en reléguant à un deuxième plan sa politique vaccinale. Les résultats
furent tout sauf décevants: la courbe des cas de variole diminua de manière
évidente alors que le taux de vaccination diminuait également. Cela tendrait à
confirmer l'hypothèse qui veut que la disparition ou l'apparition de maladies
infectieuses suit toujours l'évolution de cycles historiques et sociaux,
augmentant pendant les périodes de famine et de misère et diminuant en même
temps que les conditions sociales et d'hygiène s'améliorent. Brian Inglis,
spécialiste anglais de l'histoire de la médecine, déclare: "Le mérite de la
diminution des maladies infectieuses revient principalement à l'hygiène". Le
docteur François Choffat, pour sa part, affirme: "Il est donc probable que le
vaccin [de la variole] a mal protégé les individus, et que les campagnes
généralisées [de l'OMS] n'ont pas eu le rôle qu'on leur attribue dans la
protection des populations. L'éradication de la variole par la vaccination est
un mythe sur lequel on bâtit la politique vaccinale planétaire
d'aujourd'hui".[1]
Si des fléaux médiévaux comme la lèpre ou la peste ont complètement disparu de
nos contrées, ils sévissent cependant encore dans certaines régions du globe où
la misère y est très présente. Les mesures d'hygiène ainsi que l'amélioration
des conditions sociales expliquent certainement le fait que le choléra et la
variole aient été vaincus dans les pays d'Occident mais qu'ils réapparaissent
encore dans les pays où les structures sociales sont précaires et l'hygiène de
vie est déficiente. Milly Schär-Manzoli conclut que "la tuberculose a reculé
parallèlement à l'avènement du syndicalisme, qui a amélioré les conditions
sociales des classes défavorisées, qui a fait interdire de nombreuses
habitations malsaines [...] et a amélioré les conditions de travail dans les
mines".[2]
Citons pour conclure René Dubos, biographe de Pasteur: "L'éradication des
maladies épidémiques est due surtout à une nourriture non contaminée, à la
salubrité de l'air et de l'eau: elle n'est pas le résultat de théories
scientifiques, mais plutôt d'une doctrine philosophique".
[1] "Vaccinations: le droit de choisir", Dr. François Choffat, Éditions
Jouvence, Genève, 2001
[2] "Le veau d'or", Milly Schär-Manzoli, ATRA, Arbedo (CH), 1990
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